
Le radicalisme est un humanisme parce qu'il pense que la politique est le prolongement de la morale et que l'Homme est capable, dans la vie publique comme dans la vie privée, de maitriser son destin, s'il fait bon usage de sa liberté.
Cette philosophie héritée d'un long passé, demeure ouverte à l'avenir, s'enrichissant sans cesse d'apports nouveaux.
Les radicaux sont attachés aux principes de la révolution de 1789, selon lesquels la politique ne comporte pas seulement des intérêts, mais, justement, aussi des principes. Comme celui de gouverner et d'engager la société dans la voie du progrès, en l'organisant en fonction de valeurs, dont celles de la République : Liberté, Egalité, Fraternité. Les radicaux croient que le progrès social n'est possible qu'avec le progrès moral. Ils donnent, ainsi, à l'éducation un rôle essentiel dans l'édification de la Démocratie.
De la révolution française, ils ont hérités du principe que le peuple tout entier est la seule source du pouvoir et que personne n'a le droit de l'usurper. Le respect du suffrage universel constitue une règle absolue. L'arbitrage du suffrage universel, seul garde-fou contre la guerre civile est le fondement même de la démocratie politique. Cette règle ne vaut, bien entendu, que dans le respect des conditions du suffrage universel et la possibilité d'alternance au pouvoir.
L'un des apports essentiels de 1789 est bien sûr l'affirmation des droits de l'Homme. Pour les radicaux, il s'agit du fondement de leur philosophie politique. En effet, les droits de l'Homme doivent, non seulement dans l'ordre politique, mais aussi dans l'ordre économique, permettre le libre développement de la personne humaine, c'est-à-dire l'épanouissement de l'Homme. C'est dans ce sens qu'il faut orienter le progrès.
Le radicalisme veut élargir la démocratie politique à une démocratie économique et sociale, où l'égalité des chances limitera l'injustice née de la société ; et où la fraternité tissera entre les Hommes les liens de solidarité, indispensables à leur bonheur. Car les radicaux veulent faire du bonheur, la maître mot de la société de demain.
La solidarité est pour les radicaux une exigence morale. Ils pensent que la politique est aussi une affaire de générosité. La générosité est un devoir envers les autres. Devoir rempli grâce, non pas à la charité, mais à la solidarité fondée sur la justice sociale.
L'action politique consiste avant tout à orienter l'évolution de la société vers les valeurs de justice et de liberté qui constituent les principes mêmes du radicalisme