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Programme du PRG

"La Gauche moderne"

Programme 2007/2012
à télécharger : PRG 2007
  

 

 

Vous avez reconnu, monsieur le président, qu’il y a en France une grave
crise du pouvoir d’achat qui touche d’abord de trop nombreux Français
(plusieurs millions) qui vivent avec 800 euros (ou moins) par mois, mais
aussi toutes les familles à revenus modestes.

Vous proposez de réunir les partenaires sociaux, très bien ! Mais encore
faut-il examiner tous les volets de la situation et les traiter avec eux
comme avec les associations sociales, sinon le scepticisme et la méfiance
prévaudront.

Le premier volet concerne l’accès au «minimum vital». Vous avez, avec
raison, évoqué les questions immobilières et annoncé des réformes pour
contenir les prix. Mais pour répondre au problème du «mal-logement» (qui
touche 8 millions de personnes) et donc de l’accessibilité à des logements
sociaux, l’État pourrait en créer à partir de son propre patrimoine
immobilier au lieu de le vendre ! Allant au-delà des dispositions
existantes, il pourrait encourager plus fortement les propriétaires privés
à créer des logements sociaux, parallèlement favoriser la construction de
logements coopératifs sur des terrains de l’État ou municipaux. La vraie
maîtrise des prix du logement passe par de telles mesures devant être
prises de façon prioritaire. D’autres dispositions devant concerner la
santé : notamment un processus de santé gratuit pour les familles les plus
défavorisées.

Le deuxième concerne les prix. Sans vouloir rétablir un «contrôle des
prix» comme dans le passé, il faut, d’ailleurs, instaurer une «conférence
annuelle sur les prix» destinée à dire la vérité en fondant, avec l’Insee,
un indice réaliste des prix ; mais surtout en fixant des «objectifs de
prix» pouvant conduire à une taxation des entreprises de production ou
distribution ayant un comportement inflationniste, pratiquant des marges
injustifiées. Conférence qui pourrait aussi instituer les règles d’un
«commerce équitable» à la française, les produits et services respectant
celles-ci pouvant faire l’objet d’une TVA adaptée, donc elle-même
équitable. Cette labellisation de fait encouragerait les entreprises à
changer de comportement.

Le troisième volet concerne l’emploi et les salaires. Le démantèlement
progressif des 35 heures, la réduction de l’épargne (sortie des fonds de
participation) ne résoudront pas le problème clé : trouver du travail pour
tous !

J’émets le souhait que votre politique prenne un cap plus social

En matière d’emploi, l’urgence est de créer des quotas en faveur des TPE
et PME dans le cadre des marchés publics, de relancer, voire regrouper,
tous les pôles de compétitivité ou d’excellence créés par les précédents
gouvernements, de lancer immédiatement les grands travaux liés au
«Grenelle de l’environnement» , donc de doper l’offre et, du coup, les
activités et les emplois. Elle est aussi d’accroître beaucoup plus
fortement qu’annoncé les budgets de recherche, de formation avec un plan
national de qualification à lancer immédiatement en accord avec tous les
partenaires sociaux en faveur de tous les salariés jeunes et moins jeunes
insuffisamment préparés (si 15 % des salariés sont au smic, cela est dû en
premier lieu à leur sous-formation) .

En matière de salaires, l’urgence concerne l’indispensable rééquilibrage
de la répartition des résultats des grandes entreprises (particulièrement
cotées) entre actionnaires et salariés en faveur de ces derniers
défavorisés depuis dix ans. Elle concerne aussi le nécessaire passage des
temps partiels contraints à des temps pleins sans oublier qu’une bonne
partie de la pauvreté en France vient de ce problème non traité et qu’il
est prioritaire de s’y attaquer plutôt que de mettre en cause le temps
légal hebdomadaire de travail. L’urgence est également de permettre
l’accès à un salaire pour les jeunes, les quinquagénaires et les
sexagénaires en créant un «système d’emploi jeunes et personnes
expérimentées» s’inspirant des dispositifs testés au début des années 2000
qui avaient contribué à la réduction du chômage.

Sans amender d’un côté, renforcer de l’autre le plan d’action que vous
avez annoncé la semaine passée, vous risquez, monsieur le président, non
seulement de mécontenter les syndicats début 2008, mais surtout de créer
dans tout le pays un sentiment immense de frustration génératrice
d’événements graves.

Par cette interpellation publique, monsieur le président, j’émets le
souhait que votre politique prenne un cap plus social et, si vous le
permettez, plus humain !

Par Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche.

publié dans : Communiqués nationaux par fédérationprg77
Samedi 8 décembre 2007
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